La recherche a sauvé un sergent de la GRC
Printemps 2009

La recherche a sauvé un sergent de la GRC

J’ai peine à me rappeler d’un jour ou je n’avais pas de problèmes de dos. Adolescent, j’ai travaillé fort manuellement. Quinze années après avoir joint la force constabulaire, âgé de 35 ans, j’étais aux prises avec des maux de dos et des raideurs que j’attribuais au travail fait durant ma jeunesse. Mais cela ne s’est jamais amélioré. J’avais l’habitude de remplir ma paperasse en position debout, installé au comptoir, et aussi de sortir de l’auto-patrouille afin d’atténuer la raideur. De guerre lasse, après des roulades pour me sortir du lit la nuit et me relevant avec peine en m’appuyant sur la commode, souffrant de douleurs intenses aux jambes qui étaient désormais habituelles, j’ai acquiescé à la demande de mon épouse et décidé en 1984 de discuter avec mon médecin.

Il m’a envoyé passer des examens et m’a référé à différents spécialistes. On m’a offert, dans les cinq années qui ont suivi, une variété de traitements qui n’ont donné aucun résultat. Puis, en 1989, la chance a tourné. J’ai rencontré un brillant chiropraticien qui remarqua que je ne répondais pas à ses traitements et décida de réévaluer mes symptômes. Remarquant que mon cas empirait au lit mais que je me sentais mieux lors d’exercices ou en jouant au hockey, en prenant des douches chaudes et en avalant des quantités incroyables d’Aspirin, il m’a recommandé d’aller voir un rhumatologue. Rapidement, j’ai rencontré la docteure Alice Klinkhoff au Centre de l’arthrite Mary Pack qui me dit en me voyant qu’elle connaissait le mal qui m’affligeait : la spondylite ankylosante (communément appelée SA), faisant partie des maladies inflammatoires chroniques.

La SA provoque l’inflammation de la colonne vertébrale et la rend immobile. Non traitée, les vertèbres se fusionnent à la longue et le patient se courbe vers l’avant, perdant la mobilité qui lui permet de se relever et de tourner la partie supérieure de son corps ainsi que sa tête. Aucun traitement ne permet de la guérir, mais l’invalidité est évitable grâce à une médication appropriée et l’utilisation d’exercices physiques adaptés.

Pour la SA, le traitement habituel est constitué d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) qui ne sont pas coûteux, soulagent l’inflammation et la douleur et permettent de faire de l’exercice. Cependant, ils causent parfois des effets secondaires tels que l’ulcère d’estomac et parfois même d’autres conséquences sérieuses. Les AINS m’ont aidé, mais par malchance, j’ai développé un problème aux reins. Pour m’éviter la dialyse, on m’a enlevé les AINS, mais la SA a alors repris de plus belle. Un nouveau médicament m’a fait du bien quelque temps, mais mon problème de reins est revenu. Tout portait à croire que je devrais me contenter d’une piètre qualité de vie et mettre un terme à ma carrière en tant que policier.

Mais la recherche est venue à ma rescousse. Une nouvelle génération de médicaments, appelés « biologiques », est arrivée sur le marché. Ils sont très dispendieux, mais comme j’avais une couverture d’assurances, j’ai débuté, en 1998, une série d’injections intraveineuses d’une durée de trois heures toutes les 8 semaines. Cela m’a permis de continuer à travailler, malgré quelques ajustements à mes tâches quotidiennes. J’ai finalement pris ma retraite en 2005 après une carrière de tout près de 36 ans.

Je m’attends à poursuivre les traitements pour le reste de ma vie. Mes reins, bien qu’endommagés, demeurent dans un état stable. La maladie s’est stabilisée, me permettant d’être avec mon équipe de hockey depuis 25 années (même si ce sport n’est pas parmi les favoris chez mon équipe soignante). Ma qualité de vie est aussi bonne que l’on peut espérer avec une maladie chronique. Mon assurance couvre 80% des coûts de chaque traitement de 2 000$ et en 2008 le gouvernement de la Colombie-Britannique a autorisé la couverture de ce traitement pour tous les gens ayant la SA, ce qui aidera les gens moins fortunés. La recherche est une entreprise très dispendieuse qui n’est pas uniquement vouée au succès, mais sans elle, ma vie actuelle ne serait pas la même.

Don Bindon est retraité de la Gendarmerie Royale du Canada et président de l’Association de la spondylite ankylosante de la Colombie-Britannique, un organisme composé de bénévoles voués à améliorer la condition des personnes souffrant de cette maladie.

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