Juin 2005

Nouvelle technologie pour les dos qui prennent de l’âge : non à la fusion

Par: Hope Smith

C’est en 1960 qu’a été pratiquée la première arthroplastie totale de la hanche. Huit ans plus tard, on procédait à l’implantation du premier genou artificiel. De nos jours, ces interventions sont courantes et permettent à des milliers de personnes de recouvrer une mobilité exempte de douleur. Les arthritiques qui présentent une atteinte de la colonne vertébrale n’ont cependant pas la même chance. Pour eux, les seules solutions sont l’exercice et la physiothérapie; les médicaments; divers types d’injections n’offrant qu’un soulagement temporaire et la fusion des vertèbres, qui élimine le mouvement sans pour autant garantir le soulagement de la douleur.

Mais les choses évoluent rapidement, et certains observateurs croient que nous assisterons à de nombreux virages spectaculaires dans le traitement des maux de dos au cours de la prochaine décennie. Les percées technologiques se succèdent, et les internautes avertis peuvent maintenant trouver et obtenir toutes les formes de traitement offertes dans le monde entier. Ainsi, on observe une tendance mondiale vers des traitements moins effractifs permettant de préserver la mobilité de la colonne vertébrale. La plupart de ces nouvelles techniques chirurgicales sont moins vulnérantes et permettent un rétablissement beaucoup plus rapide.

Début mai, la Spinal Arthroplasty Society a tenu sa cinquième conférence internationale annuelle à New York. Près d’un millier de chirurgiens et d’autres professionnels s’intéressant aux nouvelles techniques de remplacement articulaire ont assisté à des présentations de médecins qui ont déjà éprouvé ces techniques. Quelques jours avant la conférence, le Global Patient Network, cyberorganisme voué au soutien des personnes ayant des troubles de la colonne vertébrale, a tenu sa propre conférence virtuelle. Près de 60 patients de toute l’Amérique du Nord ont ainsi pu entendre les présentations de neufs éminents orthopédistes spécialistes de la colonne vertébrale sur les nouvelles technologies comme le remplacement des disques lombaires ou cervicaux, l’utilisation des systèmes de fixation élastique comme substitut de la fusion, le noyau discal artificiel et la chirurgie endoscopique.

Le consensus général parmi les chirurgiens américains et européens a été de dire « non à la fusion ». Bien que cette intervention constitue actuellement traitement de référence et qu’elle demeure parfois la meilleure solution, il existe de nombreuses autres possibilités. La fusion est une mesure de dernier recours, et les patients ne devraient choisir cette intervention qu’après avoir exploré tous les autres traitements possibles. Et les options se multiplient. Par exemple, non seulement un essai est-il en cours sur l’insertion d’un noyau discal artificiel dans un disque dégénérescent, mais on parle également d’un disque artificiel qui pourrait être facilement inséré pour ensuite être réhydraté comme une éponge. En outre, on vient juste d’autoriser aux États-Unis l’essai d’un traitement préservant la mobilité pour les facettes articulaires atteintes par l’arthrite.

Relativement nouveaux en Amérique du Nord, les disques artificiels ont vu le jour il y a plus de 10 ans en Europe. Ils pourraient offrir un soulagement, sans la perte de l’amplitude du mouvement inhérente à la fusion. Il existe un certain nombre de disques artificiels sur le marché, certains ayant été approuvés et d’autres étant à l’essai un peu partout dans le monde. Mentionnons entre autres les marques SB Charité III, ProDisc, Kineflex et Maverick pour le remplacement des disques lombaires (bas du dos), ainsi que Bryan, ProDisc-C, Kineflex-C, Cervitech PCM et Prestige pour le remplacement des disques cervicaux (cou). Lorsque la mise en place d’un disque artificiel ne convient pas et que la stabilisation est impérative, les chirurgiens peuvent recommander un système de stabilisation dynamique comme Interspinous U, l’implant de stabilisation Wallis ou Dynesys. De toute évidence, l’atteinte de la colonne vertébrale chez les arthritiques se traite de mieux en mieux.

Le cas classique du « lumbago » de grand-maman pourrait donc bientôt être chose du passé. Chaque année, de nouvelles solutions thérapeutiques pouvant remplacer la fusion sont mises au point. Comme le disait un chirurgien au sujet de la mise en place de disques artificiels, « À une époque, on fusionnait les genoux et les hanches, alors que cela serait inconcevable aujourd’hui. »

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