
L’entraînement chez les femmes arthritiques (2009); conclusions
Rien ne peut guérir l’arthrite, une maladie très répandue chez la population féminine adulte au Canada. Toutefois, la participation à des activités physiques fait partie des stratégies recommandées pour aider tout adulte atteint à faire face à la maladie. Le point central de notre étude, L’activité physique chez les femmes atteintes d’arthrite (2009), consistait à identifier ce qui empêchait ou non les femmes adultes atteintes d’arthrite d’être actives physiquement. En plus du fait qu’elles souffrent d’arthrite, les femmes adultes sont particulièrement à risque d’éprouver des difficultés à rester actives physiquement.
Notre étude s’est penchée sur l’attribution par les femmes de leur succès ou de leur échec à une raison particulière (chacune expliquant la raison de son succès ou de son échec à rester active de façon régulière). Notre intérêt résidait plus particulièrement dans les différences entre les femmes affirmant rester actives avec succès et celles avouant un échec en cette matière. Cette évaluation a été effectuée selon un certain nombre de critères psychosociologiques, dont nous connaissons l’importance pour rester actif physiquement. Via ce projet, nous espérons comprendre encore mieux comment aider les femmes arthritiques à demeurer actives physiquement lorsqu’elles en sont capables et d’en retirer régulièrement les avantages de santé, malgré leur maladie.
Les renseignements ont été recueillis de janvier à avril 2009 via un questionnaire en ligne.
Les participantes
Au total, 118 femmes canadiennes ont accepté de participer à cette étude. Chacune d’elle a indiqué avoir reçu de son médecin un diagnostic d’arthrite. Le nombre d’années en moyenne de la réception de ce diagnostic est de neuf ans. La majorité (81 %) des participantes ont affirmé avoir l’impression d’être « limitées par l’arthrite dans leur capacité à accomplir certaines de leurs activités quotidiennes ». De plus, la majorité (74 %) d’entre elles prennent également des médicaments pour bien gérer leur maladie.
Les trois principales raisons de faire de l’activité physique
On a demandé aux participantes de choisir trois raisons principales de faire des activités physiques de type endurance. Les activités d’endurance ont été définies comme des activités sollicitant des muscles importants de façon soutenue (p.ex. : marche, natation, vélo).
Sommaire des résultats
Les femmes atteintes d’arthrite indiquant être suffisamment actives physiquement pour en retirer des avantages de santé ont attribué la cause de leur succès à leur propre contrôle, leur propre stabilité, et ont indiqué que ce succès dépendait d’elles (non des autres) contrairement aux femmes indiquant leur échec sous ce rapport. Les femmes ayant indiqué qu’elles réussissent à demeurer actives s’inscrivent avec plus de confiance à une activité physique et ont une motivation plus grande de rester actives, bien que l’intention de rester active au départ soit aussi élevée dans les deux groupes. Dans le dernier mois de l’étude, le groupe de femmes actives s’est adonné à plus d’activités physiques que l’autre groupe. La douleur perçue par les participantes ayant connu du succès et celles ayant connu l’échec a été sensiblement la même, bien que légèrement moins élevée chez les participantes actives avec succès.
L’une des conclusions de cette étude qui porte à la réflexion est le fait qu’il existe des différences entre les femmes atteintes d’arthrite s’évaluant positivement en matière de respect des recommandations d’activité physique comparé à celles constatant leur échec. Ces différences sont évidentes dans le niveau de leur activité physique et dans un certain nombre de facteurs psychosociologiques. Si nous pouvons aider les femmes indiquant un échec à modifier certains de ces facteurs psychosociologiques, tout indique qu’elles pourront alors demeurer actives, au niveau recommandé.
L’un des objectifs particuliers devrait être d’aider les femmes à identifier une cause de leur activité physique plus stable, sur laquelle elles peuvent exercer un contrôle, et qui dépend d’elles-mêmes et non des autres. On appelle « rééducation en attribution » la capacité d’aider les personnes à modifier leur explication de la cause de leur activité. Nous avons l’intention de mener des études éventuellement sur la rééducation en attribution pour identifier les façons de faire les plus efficaces en ce domaine.
La rééducation en attribution est importante. Une autre étude démontre que les personnes ayant l’impression que la cause de leur activité est attribuable à un plus grand contrôle de leur part, une plus grande stabilité et dépend d’eux et non des autres ont plus tendance à éprouver des émotions positives, à s’inscrire avec confiance à des activités physiques, à avoir un taux de motivation plus élevé à rester actifs et à éprouver moins d’émotions négatives.
Pris tous ensemble, ces changements mènent les personnes à rester plus actives
Le besoin de recherche en ce domaine est évident. Nous espérons que ces résultats nous permettront d’établir de bonnes bases pour des recherches futures dans ce domaine. Notre objectif global est d’utiliser les connaissances obtenues par ces études pour aider les femmes arthritiques à faire face à la maladie et à retirer tous les avantages de santé que peut leur offrir l’activité physique. Cette seule étude nous donne une bien meilleure compréhension de certains des facteurs pouvant être d’une importance capitale pour aider les femmes atteintes d’arthrite à rester actives de façon régulière.
Attachée au Collège de Kinésiologie de l’université de Saskatchewan, Dre Nancy Gyurcsik est chercheuse principale de l’équipe de recherche.
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