Mars 2006

Examen préliminaire de la perception du public face à la Stratégie nationale sur les

Par: Katharina Kovacs Burns

Que savent et comprennent les Canadiens de la Stratégie nationale sur les produits pharmaceutiques (SNPP) et des projets du gouvernement dans ce dossier? Quel rôle devraient-ils jouer dans l’élaboration d’une stratégie, de plans et de politiques qui auront une incidence sur leur santé et l’évolution de leur état de santé? Certes, les politiques pharmaceutiques sont déterminantes non seulement pour la viabilité des programmes nationaux de remboursement du prix des médicaments, mais aussi pour la stabilité globale à long terme des systèmes de soins de santé. La stratégie et les politiques sont également déterminantes lorsqu’il s’agit de garantir aux Canadiens de bons résultats sur le plan de la santé et de s’assurer qu’aucun citoyen ne subisse de difficultés financières excessives pour obtenir les traitements médicamenteux dont il a besoin. Un accès à des médicaments à prix abordable est essentiel à des résultats équitables sur le plan de la santé pour l’ensemble de la population.

Une étude a été entreprise dans le but de déterminer ce que différents groupes de personnes au sein de la population canadienne connaissent et comprennent du processus et des plans d’élaboration de la SNPP et si ces groupes souhaitent participer au processus. Il s’agit de connaître les perceptions et les points de vue des Canadiens en ce qui concerne la SNPP, ses forces et ses faiblesses ainsi que le rôle que devrait jouer le public dans le processus.

L’étude a été menée selon une méthode mixte. Différents moyens ont été utilisés pour former un échantillon de commodité au sein duquel étaient représentés divers groupes de citoyens (patients, consommateurs, professionnels de la santé, organismes bénévoles, etc.). Un questionnaire sur les divers aspects de la stratégie et une lettre explicative ont été envoyés par courriel à des organismes bénévoles et à d’autres organismes du domaine de la santé en vue de leur distribution à grande échelle. De courtes séances de discussion ont été organisées à l’intention de plusieurs groupes mixtes de membres du public.

Au total, 423 personnes ont répondu au questionnaire ou participé aux séances de discussion dans le cadre de cette étude exploratoire préliminaire. Environ 70 p. 100 des répondants étaient atteints d’une maladie chronique. Environ 12 p. 100 étaient des professionnels de la santé, et 16 p. 100 ont déclaré représenter le secteur public ou un organisme non gouvernemental. La majorité des répondants avaient entendu parler de la SNPP au cours des six mois précédent l’étude, par des courriels envoyés par des associations ou des regroupements de patients. Plus de 90 p. 100 des répondants estimaient que le gouvernement n’en avait pas fait assez pour renseigner les Canadiens sur le projet de SNPP et les plans connexes. Par ailleurs, 84 p. 100 des répondants n’avaient participé à aucune discussion relative à la SNPP, alors que 100 p. 100 des répondants étaient d’avis que le public devrait ou devait avoir un rôle à jouer dans le processus et les produits liés à cette stratégie nationale. Les répondants devaient également indiquer les forces et les faiblesses de la SNPP. La principale force de la SNPP était de constituer « un pas dans la bonne direction », tandis que sa plus grande faiblesse était « l’aspect limité des consultations et de l’apport du public ». Une autre étude plus approfondie est en cours.

Parmi les recommandations formulées, on souhaite que le public, et en particulier les personnes atteintes de maladies chroniques comme l’arthrite, soit informé et mis à contribution dans chacun des neuf domaines de la SNPP. Les décisions relatives à l’accessibilité et au coût des médicaments doivent être avantageuses pour les personnes atteintes d’arthrite ou d’autres maladies chroniques, de manière que leurs résultats sur le plan de la santé et leur qualité de vie s’améliorent. Les priorités des Canadiens vis-à-vis de ce qu’ils jugent être la bonne approche pour un programme national sur les produits pharmaceutiques doivent être prises en compte au même titre que celles du gouvernement. Les programmes les moins chers ne sont pas nécessairement ceux qui, à long terme, produiront les plus grandes économies de coûts pour les Canadiens et en particulier les personnes atteintes d’arthrite ou d’autres maladies chroniques. Par ailleurs, ces programmes ne présenteront pas plus d’avantages financiers pour le système de soins de santé. Nous avons besoin d’une approche gagnant-gagnant, et c’est exactement ce que nous demandons!

Katharina Kovacs Burns, M.Sc., M.H.S.A., Ph.D., faculté des soins infirmiers, Université de l’Alberta, est membre de la Best Medicines Coalition.

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