
Coût et accessibilité des médicaments : une question de gros bon sens
Un reportage intitulé « Médecins encouragés à prescrire de plus vieux médicaments pour réduire les dépenses en santé » affiché sur le site Web anglais de Radio-Canada (CBC.ca) le 14 septembre 2006 a attiré l’attention de l’ACA. Le Dr Jim Wright, pharmacologue clinique, et le Dr Alan Cassels, chercheur en politique des médicaments à l’Université de Victoria, incitent tous deux les médecins de la Colombie-Britannique à prescrire des médicaments plus anciens et moins chers. Selon le Dr Wright, « en général, les nouveaux médicaments coûtent deux fois plus cher que les produits existants, mais n’offrent aucun avantage supplémentaire réel au patient ». Or, ceci est parfois vrai, mais pas toujours. Certains médicaments contre l’arthrite récemment lancés sur le marché, comme les médicaments biologiques, sont plus avantageux que les produits classiques. Oui, le coût initial est élevé, mais ces médicaments peuvent ralentir ou arrêter l’évolution de la maladie, ce qui élimine au final d’autres coûts liés aux soins de santé, comme ceux de l’hospitalisation, de la chirurgie, de la réadaptation et des soins de longue durée.
L’ACA croit que les patients doivent avoir accès à des traitements qui leur offrent le plus grand soulagement possible de la douleur, de l’inflammation et de la raideur et qui ralentissent ou empêchent l’évolution de leur maladie. L’accès en temps opportun à des traitements appropriés est un aspect primordial de la prise en charge de la maladie. De nombreux patients n’ont pas besoin des médicaments les plus nouveaux et les plus chers. Leur maladie est prise en charge efficacement au moyen de traitements d’élaboration moins récente. Chez d’autres patients, toutefois, la pharmacopée classique ne produit pas les résultats attendus. Quel que soit le médicament prescrit, le choix du traitement le plus approprié est une décision prise par le patient et le médecin en fonction de l’état de santé du patient et d’un examen rigoureux des solutions de rechange ainsi que des bienfaits potentiels et des effets indésirables possibles. Les Canadiens atteints d’arthrite doivent avoir accès aux médicaments et aux autres traitements dont l’utilité a été démontrée de même qu’à toute l’information disponible sur les bienfaits potentiels et les effets indésirables possibles, laquelle les aidera à prendre des décisions éclairées en matière de traitement.
Le devoir du médecin est de fournir au patient un soulagement ou un remède à sa maladie. Le serment d’Hippocrate, que tout médecin doit prononcer, est très clair à ce sujet. Les médecins canadiens ne doivent pas voir leurs pratiques de prescription limitées par des considérations financières, et rien ne doit empêcher les patients canadiens d’obtenir les meilleurs soins possibles. Les recommandations axées sur les coûts sont mal conçues, car elles ne tiennent pas compte des effets sur la prestation des soins de santé et placent le bien-être du patient au dernier rang des préoccupations.
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