
Arthrite juvénile : les traitements biologiques et la croissance – une histoire de cas
Trevor reçoit un diagnostic d’arthrite juvénile idiopathique (AJI) à l’âge de 2 ans. Pâle, irritable et fatigué, il souffre pendant des années de cette implacable maladie dont la réponse aux traitements prescrits est faible, voire nulle. Au fil des ans, son frère cadet le rattrape puis le dépasse sur le plan de la taille et du poids. Tout au long de l’enfance de Trevor, sa courbe de croissance ne s’améliore guère, demeurant bien inférieure à la normale. Jeune adolescent, Trevor commence le 1er cycle du secondaire : il a encore la taille d’un petit garçon. À l’école, il passe pour beaucoup plus jeune qu’il ne l’affirme et devient la cible d’intimidations. Lorsque les traitements biologiques sont mis en marché, Enbrel est ajouté à son arsenal médicamenteux, mais il ne reste déjà presque plus rien de ses cartilages de conjugaison.
Au 2e cycle du secondaire, Trevor prend plusieurs antirhumatismaux à action lente (ARAL), reçoit des injections de corticostéroïdes puis se voit prescrire des hormones de croissance, mais il ne comble toujours pas son important retard de croissance. Il apprend à se défendre contre les railleries et à préserver sa confiance en soi et son estime de soi. Il demeure optimiste, réussit bien à l’école et accepte avec courage et un sourire perpétuel les défis que posent sa taille et son incapacité. Cependant, tous les enfants ne sont pas aussi fortunés que lui, et les difficultés psychosociales qui accompagnent une maladie chronique, une insuffisance staturale et des troubles du schéma corporel peuvent persister à l’âge adulte.
Des chercheurs de Helsinki, en Finlande, ont publié dans le numéro de janvier 2006 de la revue Annals of Rheumatic Disease un rapport sur l’incidence des inhibiteurs du facteur onconécrosant (ou agents anti TNF) sur la vitesse de croissance des enfants atteints d’AJI. Selon leur étude, qui a duré quatre ans et a porté sur 71 sujets atteints d’AJI, non seulement les anti TNF (Enbrel ou Remicade) réduisent-ils l’inflammation, mais ils rétablissent également la vitesse de croissance. En effet, les enfants qui affichaient les retards de croissance les plus marqués sont ceux qui ont le plus bénéficié de la prise de ces médicaments; en revanche, les enfants dont les paramètres de croissance étaient normaux avant le traitement par les anti-TNF n’ont montré par la suite aucun changement important au chapitre de la croissance.
Dans cette étude clinique, la variation de l’activité inflammatoire demeurait un prédicteur important de la vitesse de croissance, même lorsque l’utilisation de corticostéroïdes était prise en compte. Selon les chercheurs, les améliorations de la vitesse de croissance s’expliqueraient donc plutôt par la diminution de l’inflammation que par un effet direct des traitements biologiques sur la croissance ou la maturation squelettique.
Quelle formidable nouvelle pour les personnes atteintes d’AJI (et leurs familles) dont les symptômes graves et implacables touchent plusieurs articulations – des personnes comme Trevor qui sont réfractaires aux traitements classiques par les ARAL! Conjuguons nos efforts pour faire valoir aux autorités de tous les niveaux décisionnels que l’utilisation de ces « canons » biologiques dès les premiers stades de la maladie peut avoir des répercussions ÉNORMES sur le bien-être et la qualité de vie des personnes atteintes. À long terme, il ne fait aucun doute que les avantages de ce type de traitement compenseront largement le coût financier immédiat de son utilisation.
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